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Publié par Cire Cassiar

Après un copieux petit-déjeuner composé de thé bien sucré, de pain frais et de miel de lavande nous reprenons la route mais cette fois en direction du Pakistan ;

Sept heures de route dans des montagnes nous attendent en passant par Jalalabad, Torkham et la « Kybher pass » nom célèbre pour ceux qui ont voyagé par la route comme moi.

Autant je n’ai que très peu de souvenirs du trajet sinueux dans ces reliefs arides, autant je me souviens très bien de la "kybher pass" ce couloir naturel juste avant la plaine qui débouche sur le Pakistan.

Je le vois encore, dans l’ombre, les sommets sont tellement hauts que le soleil n’y passe que très peu de temps, beaucoup de camions Afghans, beaucoup de routiers internationaux, beaucoup de voitures de routards.

Cette route mène à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan et la particularité de ce poste est que la circulation qui était à droite passe à gauche; Vous imaginez la confusion pour bon nombre de conducteurs, cela demande une canalisation très organisée, bien identifiée, bien orchestrée mais occasionne des délais très importants, surtout quand on vient d’Afghanistan ou la Marijuana était quasiment en vente libre alors qu’au Pakistan elle était considérée comme illégale.

Pendant que nous attendions notre tour côté Afghan, il y avait toutes sortes de petits vendeurs à la sauvette dont plusieurs proposaient des tablettes, couleur chocolat, enveloppées dans du papier aluminium, M.A reconnue immédiatement la nature de ces tablettes et fit comprendre au jeune vendeur que nous n’étions pas acheteur. Ce n’était pas le temps de se faire arrêter.

une roupie pakistanaise

Conduire à gauche avec un volant à gauche quand on a appris à conduire à droite est loin d’être évident, les réflexes conditionnés pour la droite ne marchent plus, il faut raisonner systématiquement à chaque carrefour pour éviter la confrontation.

Au début on n’ose pas doubler, d’une part on est obligé de faire confiance au passager parce qu’on y voit rien mais en plus déboîter à droite peut, a priori, paraître simple mais chassez le naturel, il revient au galop si à ce moment-là vous avez un véhicule en face, le réflexe premier est de serrer la droite, alors que vous devez aller à gauche, vous imaginez les zigzags hésitants et les sueurs froides, les coups de klaxons et les engueulades…

Bref, l’arrivée au Pakistan et plus précisément à Peshawar fut mémorable.

Le soir venant, nous cherchions, dans les rues bondées, l’adresse d’une auberge de jeunesse lorsqu’une Mercedes nous aborda, le conducteur, bien habillé, nous fit comprendre de le suivre.

Insouciants et ne sachant ou aller, nous le suivions dans un dédale de petites rues, mais nous ne savions plus ou nous étions, j’avoue avoir eu quelques doutes à ce moment-là, nous commencions à nous demander dans quel pétrin nous nous étions fourrés.

Puis il arriva à l’entrée d’une belle maison, ouvrit le portail du jardin et nous fit signe d’y pénétrer.

Une fois à l’intérieur il referma le portail et nous demanda de patienter, il parlait un anglais tout à fait compréhensible pour des Européens qui ne maîtrisaient pas la langue.

Au bout de quelques minutes il revint et nous présenta sa jeune épouse puis nous invita à pénétrer dans sa demeure.

Abdul notre hôte pakistanais

Nous avons passé trois jours chez lui, durant lesquels il nous présenta à tous ses amis et pour cela il nous proposa de nous habiller à la mode pakistanaise, nous étions choyés, traité comme des rois.

À l’occasion de certaines visites, je n’ai pas eu le droit de voir les femmes, j’étais tenu isolé dans une pièce et seul l’hôte de la place venait discuter avec moi.

Habit traditionnel Pakistanais

L’un d’eux me demanda pourquoi je portais la barbe, était-ce par conviction religieuse ? Il alla jusqu’à me proposer de me la faire tailler par le barbier du coin.

Fort heureusement ne maîtrisant pas la langue correctement, je m’en sortais par quelques balbutiements qui les laissaient perplexes.

L’accueil était très chaleureux et la nourriture très épicée… C’était une cuisine influencée par l’inde et l’asie centrale, cardamome, cumin, poivre, laurier, muscade et clous de girofle…

Les plats étaient composés de boulettes de viandes de bœuf ou d’agneaux grillées au paprika, accompagnés de riz biryani, de pois chiche ou haricots noirs avec des sauces toutes aussi exquises.

Nous aurions pu rester encore quelques jours si une nuit, alors que nous étions couchés depuis une demi-heure, notre hôte se pointa dans notre chambre avec son épouse et nous fit comprendre de lui faire de la place dans le lit.

Je me retrouvais ainsi coincé entre ma copine et lui, son épouse étant de l’autre côté.

Je ne savais quelle attitude adopter, je restais la sans bouger, allonger sur le dos les mains croisées sur ma poitrine.

Quelques minutes plus tard, il prit ma main et la posa sur la main de son épouse, mon cœur battait à tout rompre et j’étais confus, je ne savais pas exactement ce qu’il voulait mais je m’imaginais peu à peu qu’il voulait faire une sorte d’échange, n’y tenant pas je retirais ma main et lui tournais le dos.

Il ne fallut pas plus d’une minute pour qu’il se lève et quitte la chambre accompagnée de son épouse.

Le lendemain matin, gênés, nous nous présentions pour le petit-déjeuner, lui n’était pas présent mais son épouse nous fit comprendre qu’il était souffrant et qu’il ne pouvait sortir de sa chambre.

Ce fut pour nous le signal du départ, nous préparions nos affaires à la hâte et remercions chaleureusement son épouse pour son accueil et la quittions à regret sans vraiment savoir ce qu’il s’était réellement passé...

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