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Publié par Cire Cassiar

Voulant échapper au tumulte de la ville, nous enfourchions notre vaillante « deudeuch » pour rejoindre, par le chemin le plus direct, l’entrée du Népal, mais pour cela il nous fallait traverser la province du nord « Uttar Pradesh » la partie la plus peuplée de l’Inde.

Compte tenu de la densité de la population, l’encombrement des routes, la multitude de travaux routiers et les vaches sacrées, nous mettrons plus de douze heures pour parcourir cinq cent cinquante kilomètres.

Sans les amortisseurs de la 2CV et les pneus « grand raid » notre dos et notre postérieur auraient souffert le martyre. De plus lorsque l’on circule dans ces contrées, la qualité du carburant que l’on y trouve laisse plutôt a désirer, suivant comment a été entreposé le carburant, l’indice d’octane n’est pas toujours respecté, mais le moteur exceptionnel de cette extraordinaire véhicule avalait tout ce qui carburait sans broncher.

Je n’ai jamais retrouvé un moteur aussi solide, aussi fiable, peu gourmand et peu délicat.

La chaleur, la poussière et la conduite à gauche dans cette cohue permanente rendaient le parcours éprouvant, surtout dans un pays ou personne ne respecte le code de la route et conduit au klaxon.

La route, quoique route est un bien grand mot, ressemblait plus à une piste et traversait dans les plaines Indo-gangetiques entre le Gange et la rivière Yamuna.

Un climat, semi-aride en hiver, avec des températures variant entre 15° le matin et 25°C le jour, une végétation naturelle relativement abondante et une culture dominante, la canne à sucre.

Voilà un portrait rapide de cette région que nous n’avons fait que traverser, les seuls souvenirs qui me restent de ce trajet resteront les camions décorés, les scooters, les vélos avec des remorques lourdement chargées, les animaux domestiques de toutes sortes, les innombrables piétons, souvent pieds nus, les nids-de-poule, les bosses et les éternelles vaches sacrées qui déambulent n’importe où, dans n’importe quel sens et parfois s’allongent au beau milieu du chemin.

Je revois l’arrivée à Lucknow en fin de journée avec un énorme soleil couchant de couleur ocre, la poussière ambiante, la fumée et toujours cette densité humaine dans l’anarchie la plus totale.

Nous trouverons refuge dans un modeste camping, ou plutôt une arrière-cour sommairement aménagé.

Ce soir-là, après les échanges d’usage, voyant nos origines et notre accent, le propriétaire, vraisemblablement curieux de parler avec deux Français venant de si loin, nous invitera à souper avec eux.

Lucknow
Lucknow

C’est dans le partage d’un repas familial que l’hospitalité indienne se révèle le mieux, il faut comprendre que donner et partager, favorise un bon karma… Notion que nous devrions adopter plus souvent...

L’Inde est très codifié, les croyances et les religions sont fortement ancrées dans la société.

C’est là que j’ai appris les us et coutumes locales, tout d’abord nous devions enlever nos chaussures en entrant, lors des présentations, nous qui avions l’habitude de se serrer la main, il fallait éviter de toucher quiconque, ensuite nous avons été disposés autour de la table dans un ordre précis et notre hôte a pris le temps de nous expliquer comment le repas allait se dérouler.

La main droite étant considérée comme pure, nous devions manger uniquement avec celle-ci, la main gauche devant rester sous la table puisqu'étant considérée comme impure.

Pas facile de manger d’une seule main… fort heureusement le plat qui nous fut servi, le Dal Makhani, était composé de haricots noirs Urad, de haricots rouges, crème fraîche et épices, le tout disposé dans un plat en aluminium avec des morceaux de pain naan.

Essayez d’attraper la nourriture en sauce avec un morceau de pain et d’une seule main, vous verrez que c’est tout un défi, surtout quand c’est merveilleusement bon et que vous ne voulez rien laisser.

Il faut reconnaître que la cuisine indienne, même végétarienne, est très goûteuse, grâce à tout ce mélange d’épices et au mode de cuisson, parfois un peu trop épicé pour les papilles occidentales…

Qu’à cela ne tienne, le Chai, la boisson nationale à base de thé et de lait aide à éteindre le feu des épices et pour terminer, la cuisinière nous avait préparés, en dessert, un délicieux « Gajar Ka Halwa » une sorte de pudding sucré à base de carottes râpées, servi avec une garniture d’amandes. J'étais loin d'imaginer un dessert a base de carotte...autres pays...autres mœurs.

Malgré le fait que notre anglais était approximatif, nous avons pu échanger nos impressions durant le repas, notre hôte était fort sympathique et souriant.

Après s’être lavé les mains, nous nous sommes quittés avec les salutations d’usage, les deux paumes de main jointes, placées devant le visage en disant « Namasté ».

La coutume dit "les deux mains expriment l’esprit ou le Soi rencontre le Soi"

Quelle belle image !...

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