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Publié par Cire Cassiar

Au programme de la journée, six cents kilomètres de paysages montagneux et semi-désertique, il faut reconnaître que l’Iran est un des pays les plus montagneux du globe, l’altitude moyenne est proche de mille mètres.

Montagne Tabriz
Region Tabriz - Iran

Plusieurs chaînes de montagnes le traversent du Nord-ouest au Sud-est entourant de grands déserts dont le Grand Kavir, un désert salé situé quasiment aux portes de Téhéran et occupe à lui seul un sixième du territoire.

L’Iran est à la fois un pays de nomades et d’agriculteur, tous les fonds de vallée sont cultivés ce qui en fait des oasis de verdures dans ce paysage généralement aride.

Au nord, les monts de l' Elbourz, une chaîne de plus de cinq cents kilomètres, barrière naturelle entre le centre et la mer Caspienne, dont le plus haut sommet, Demavend, un volcan qui culmine à cinq mille six cent soixante-dix mètres, de quoi décourager les envahisseurs.

Très peu de forêts, donc très peu de bois, les matières premières pour les habitations rurales sont la boue d’argile, la pierre, la paille et quelques chevrons de bois.

De forme rectangulaire avec généralement un toit plat, quelquefois en dôme, de hauts murs entourent les édifices avec quelques tours d’angle et très peu de fenêtres.

Les murs sont très épais pour résister a la chaleur torride du soleil mais celle-ci est restituée la nuit et de ce fait l’intérieur des maisons est relativement tempéré.

Première étape Tabriz, une des plus anciennes villes d’Iran, elle est située à mille trois cent quarante mètres d’altitude dans une vallée fertile entourée de montagne dont les sommets au sud culminent à plus de trois mille sept cents mètres.

Un climat très contrasté, chaud en été, froid en hiver. Un passé chargé d’histoire remontant a plus de quatre mille ans, beaucoup d’invasions russes et ottomanes, plusieurs séismes ont fait que beaucoup de vestiges du passé ont été fortement touchés.

Octobre n’étant pas la saison la plus chaude, nous ne nous attardons pas et filons en direction de Zanjan, trois cents kilomètres plus loin, ce sera notre étape pour la nuit avant Téhéran.

Même si le pays est plus calme que la Turquie, nous gardons la bonne habitude de camper sur les stationnements de routiers, toujours plus fréquentés qu’ailleurs.

Après une nuit fraîche nous descendons en direction de la capitale à quelque trois cents kilomètres.

L’arrivée a Téhéran s’est faite par un bout d’autoroute qui débutait à quarante kilomètres du centre-ville, c’était assez surprenant, surtout après tous ces kilomètres de route de montagnes désertiques.

Difficile de rater la tour Shahyād (mémoire des rois en perse), monument de quarante-cinq mètres de haut, recouvert de marbre blanc, érigé dans les années soixante-dix, pour célébrer les 2 500 ans de l’empire Perse.

Téhéran la tour Azadi
La tour Azadi - Téhéran

Une grande esplanade, très animée, bondée de jeunes iraniens qui vont et viennent, prémisse de ce qui allait être le renversement du pouvoir iranien, elle fut rebaptisée la tour Azadi (qui signifie Liberté) après les événements de 1979.

La circulation était très dense dans le centre-ville, étant à la recherche d’une auberge pour la nuit, nous tentions de déchiffrer les panneaux de rue et de direction lorsque, par inadvertance, j’ai accroché légèrement le pare-chocs de la voiture de devant.

Celle-ci ayant freiné brusquement au carrefour alors que les feux de circulation passaient au rouge.

Immédiatement le conducteur est sorti avec de grands gestes, hurlant à qui voulait l’entendre, que j’avais quasiment détruit sa belle voiture, alors qu’elle n’avait qu’une petite éraflure.

Inévitablement cela provoqua un attroupement et attira un policier, je voyais bien que le conducteur lui expliquait la situation en sa faveur, mais que faire quand on ne comprend un traître mot de ce qu’il se dit, mis à part quelques gestes évocateurs, en effet, je vis le policier sortir son carnet, prendre des notes, faire le tour de notre véhicule et de celui de l’autre conducteur, puis après un long conciliabule et dispersion des badauds, voilà que le policier tenta de me faire comprendre que je devais payer en me montrant son carnet.

Voyant que le chiffre me paraissait trop élevé pour si peu, je tentais à mon tour de lui expliquer par geste que c’était injustifié et que je n’avais pas l’intention de payer autant, lorsque celui-ci leva le ton et je crus comprendre que si je ne voulais pas payer, je devrais m’expliquer au poste ;

Croyait moi le mot « police » quel que soit le pays, on le comprend très bien.

D’un seul coup, d’un seul, les images du poste frontière sont revenues me rafraîchir la mémoire et me rappeler que ce n’était peut-être pas une bonne idée de contester quand on n’est pas chez soi et qu’en plus on ne comprend pas le dixième de ce qui se dit.

Comme je n’avais pas l’intention de moisir dans les geôles iraniennes pour quelques Rials, je payais sans broncher devant les sourires complices du conducteur et du policier.

 

 

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