Le promeneur de l'Everest
20 juil. 2026/image%2F1023483%2F20260721%2Fob_33928e_le-promeneur-de-l-everest.jpg)
L'histoire est contée par un guide de Chamonix. Elle pourrait être vraie. En vérité, personne ne le sait.
Un biplan d'un autre temps décolle de la vallée de Chamonix. À son bord, le guide et une bande de joyeux piliers de bistrot, plus rompus aux alcools de toutes les couleurs qu'à la navigation aérienne. Leur destination, affichée sans complexe : l'Everest.
La logique voudrait qu'on file droit vers l'Orient. Le pilote, surnommé « Jésus », n'en a cure. Sa bande zigzague au-dessus des Alpes, joue à saute-frontière, est prise en chasse par les avions italiens, puis par les Suisses. L'appareil tousse, vibre, s’arrête, repart, mais tient bon, on ne sait trop comment, comme ces vieux coucous qui semblent voler plus par conviction que par aérodynamisme.
Aucune autorisation, aucun doute, aucune crainte, ils traversent les continents comme on traverse la place du village.
Leur but : retrouver leur vieux pote loufoque Clint, en référence à Clint Eastwood, parti grimper le toit du monde.
Après avoir fait le plein de carburant pour le zinc, ils font le plein pour le pilote et l'équipage et engrangent des réserves. Dame, les voyages, ça donne soif ! Ces routards du ciel partent avec le sérieux qu'on met aux causes perdues, et l'inconscience de ceux qui n'ont jamais vraiment grandi.
La rencontre avec le sherpa du dernier client du guide, la découverte d'un vieux sac décati contenant un appareil photo ancien, remettent en question la paternité de la première ascension. Un cairn aperçu sur une vieille photo d'album ferait de Mallory le premier homme sur le toit du monde. Pour cela il doivent absolument développer la pellicule dans le plus grand secret.
Sixième épisode d'une saga lancée en 1997, le roman garde la marque de fabrique de Potard : un alpinisme dépouillé de toute gloire, une bande de joyeux drilles plus attachants que héroïques, et sous l'humour, une vraie tendresse pour ce monde de cordes et de sommets.
On referme le livre avec un sourire. Et cette question qui reste, légère, comme une fumée de bivouac : et si la véritable ascension n'était jamais celle que l'on croit.
Le promeneur de l’Everest _ Dominique Potard – Edition Paulsen – 2023 – 217 pages