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Epistolier - Résumés de livres - Nouvelles

textes originaux, essais

Peu me chaut

9 Avril 2022, 18:21pm

Publié par Cire Cassiar

Peu me chaut - le livre

Maintenant disponible dans les librairies "Gibert"  et "le Furet du Nord" en France et "Renaud Bray" au Canada.

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Qui n'a jamais rêvé de voler ?

2 Mai 2021, 18:41pm

Publié par Cire Cassiar

Planeur stratosphérique "Perlan"

Dans mes rêves les plus fous, je volais au raz du plafond d’une salle de cours tout en regardant le professeur gesticuler et vociférant l’ordre de descendre rejoindre mes camarades de classe, pendant qu’eux rigolaient à gorge déployée.

Parfois je me voyait courir vers ces tourbillons de poussière, vous savez ! Ceux que l’on voit l’été dans les champs, les bras tendus comme les ailes d’un pélican maladroit qui tente un décollage et sentant la poussée verticale de l’ascendance thermique, j’entamais un virage serré pour monter dans le ciel, comme un oiseau de proie, un oiseau voilier.

Mes parents, voyant mon grand intérêt pour tout ce qui volait, planait ou virevoltait, m’inscrivirent à un cours de modèle réduit de planeur;

Pour la construction du premier modèle, j’eu la chance d’avoir un moniteur passionné, un de ces rares qui ne compte pas leur temps, il détecta chez moi l’intérêt pour tout ce qui est hors du commun et instinctivement me proposa de concevoir une maquette unique, un design de son cru, nous l’avions baptisé « Erik ».

Le jour du premier vol, l’enthousiasme était à son comble, ce fut la révélation, en le voyant planer gracieusement, immédiatement je voyais dedans…

Après quelques séances de vol de mon super planeur, je traînais régulièrement mes pieds autour des avions et, un jour pas comme les autres, quelle ne fut pas ma surprise, de me voir proposer un tour en avion au-dessus de ma ville natale, mon sang ne fit qu’un tour que j’étais déjà assis aux côtés du pilote; Il s’appelait « Séguy » et était pilote remorqueur de planeur au club de Béziers, lui aussi, en me voyant glaner autour de toutes les machines volante du club,  avait certainement détecté cette passion dévorante pour tout ce qui vole.

C’était l’époque où on ne demandait pas l’autorisation aux parents, les choses se faisaient à l’instinct, tout naturellement.

Ce fut un peu avant le coucher du soleil, l’air y était calme, une légère brume provenant de la mer donnait au paysage le flou artistique que recherchent parfois les photographes, je reconnaissais chaque détail, chaque route, chaque rue, chaque maison, c’était extraordinaire, magique...ce fut le plus beau jour de ma vie;

Les maisons étaient comme des jouets, le paysage un immense patchwork dans lequel serpentaient des routes et les voitures miniatures. Tout était devenu beau, les usines, les chantiers et les décharges publiques.

De retour sur le plancher des vaches, mon esprit encore à mille pieds au-dessus de la surface, je n’avais plus qu’une idée en tête, devenir « Pilote ».

Je ne sais pas si je l’ai remercié comme il se doit, mais une chose est certaine, je suis sûr qu’il l’a été en voyant cette flamme brillant de mille feux dans mes yeux et ce sourire radieux, béa...

À seize ans, j’eu la chance de me voir offrirent mon baptême en planeur par mes parents; eux aussi avaient dû remarquer cette passion, qui me dévorait, pour tout ce qui vole et virevolte et je dois leur rendre grâce d’avoir fait des sacrifices, parce que je suis convaincu qu’ils ont dû économiser sou après sou pour y arriver et nous étions bien loin d’être riche.

C’était sur le petit aérodrome d’Argeliers, ne le cherchez pas, il a disparu, tracté par un avion remorqueur sur une piste en herbe, quoique herbe est un bien grand mot, on devrait parler plutôt de cailloux et chiendent.

Pendant que nous montions au-dessus des vignes, je vis notre remorqueur battre des ailes, suivi d’un claquement sec et de l’image du câble de remorquage qui fouettait devant moi en s’éloignant.

Puis ce fut le silence avec un léger bruit de fond, le pilote, silencieux, me laissa contempler le paysage quelques minutes ensuite il me demanda de serrer mes ceintures et de bien me tenir aux poignets situés de part et d’autre de la cabine, une fois fait, je vis aussitôt l’horizon disparaitre, basculer un coup à droite puis un coup à gauche, je me sentis tout léger puis l’instant d’après je me sentais lourd et voyais le sol en plein parebrise pour ensuite revenir en vol normal. Loin d’être effrayé ou malade, ces premières sensations, renforcèrent ma détermination.

Qui n’a jamais rêvé de voler ? Mais de là à passer du rêve à la réalité parfois la marche peut paraître haute et beaucoup passent leur vie à continuer de rêver.

Maintenant pourquoi ne vont-ils pas jusqu’au bout de leur rêve ? À cette question simple il y a une multitude de réponses.

Le temps, l’argent, la famille, les études, les soucis financiers, les appréhensions, les préjugés, le travail, l’entourage, le courage, la confiance en soi et j’en oublie certainement, bref tous ces facteurs qui freine ou bloque le désir.

La plupart d’entre eux peuvent être éliminé après de courtes réflexions, les autres demandent parfois plus de temps, mais en réalité, rien ne vous empêche au moins d’essayer et lorsque vous y aurez gouté, vous pourrez dire « C’est aussi chouette que dans mes rêves » et si par hasard vous n’êtes pas convaincu, vous aurez au moins essayé et si vous n’avez pas les moyens, au moins vous y aurez gouté et vous saurez ce que c’est de voler et peut-être qu’un jour...on ne sait ce que l’avenir vous réserve…

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Peu me chaut (nouvelle mouture, nouvelle édition)

21 Février 2021, 17:24pm

Publié par Cire Cassiar

Ce recueil de textes biographiques, de nouvelles et de réflexions métaphoriques, est un hommage aux êtres chers qui ont marqué la vie de l’auteur.
Recueil de nouvelles et textes biographiques

Ouvrage revu, corrigé et renforcé de textes nouveaux.

Le titre est à la mémoire de mon ami Heinrich qui a décidé que s'il ne pouvait vivre debout, sa vie n'avait plus aucun sens.

J’espère qu'il vous plaira.

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Nous voulions voir le toit du monde - le retour

27 Mai 2019, 21:58pm

Publié par Cire Cassiar

Agra – Delhi – Chandigarh

Cette fois c’est le retour… Nous quittons Agra avec un brin de nostalgie, nous savions pertinemment que nous n’y reviendrons pas de sitôt, il faut reconnaître qu’en ce temps-là, il était impensable d’imaginer trouver un billet d’avion pas cher et même d’imaginer que ce pourrait être facile de planifier à l’avance un hôtel, un moyen de locomotion, un restaurant et une visite guidée… C’était plus le système « démerde » qui était de rigueur.

Delhi, c’est du déjà-vu pour nous, arrêt frugal, direction Chandigarh, au dernier campement des routards de rencontre nous avaient dit qu’il y avait le « Rock Garden » a ne pas manquer.

Il venait d’ouvrir au public et la visite valait le détour.

En effet c’est un grand espace de plus de quinze hectares, créé par Nek Chand Saini en 1957.

À cette époque, la ville avait été modernisée et réaménagée par le grand architecte Suisse « Le Corbusier » et Nek Chand, par opposition a la rigueur du modernisme, voulait faire de son site une œuvre artistique faites à partir de déchets urbains tel que, des morceaux de poterie, d’évier, de verre de bouteille, matériau électrique, mécanique et mortier, tout en courbe avec des chutes d’eau artificielle, des bassins, au total plus de quarante mille cours reliées entre elles par des chemins, des sentiers, des passerelles et le tout parsemé de sculptures en béton, représentant la plupart du temps des humains et des animaux.

Rock Garden Chandigarh
Rock Garden

Ce qui est original c’est qu’il l’a conçu sans autorisation, sur un terrain qui ne lui appartenait pas et il ne fut découvert par les autorités locales qu’en mille neuf cent soixante-quinze, ils furent tellement impressionnés qu’ils le légalisèrent immédiatement et le prirent en charge.

Actuellement le jardin fait travailler vingt personnes à temps plein pour l’entretenir et le développer sous la supervision de la Rock Garden Society et de son créateur.

Une journée ne suffit pas pour tout voir…

Mis à part cela Chandigarh est tout de même la capitale du Penjab, elle est internationalement réputée pour son urbanisme, Le Corbusier oblige… et bien entendu abrite une prestigieuse école d’architecture.

La ville a été partagée, par le maitre, en soixante secteurs et dans le secteur seize on y trouve le « Rose Garden » c’est le plus grand jardin public d’Asie avec plus de six cents variétés, comme quoi Chandigarh est moins connue que New Delhi mais réserve de belles surprises.

C’est dans le nord de la ville sur les contreforts des collines de Shivalik que nous avons trouvé un petit terrain, sommairement aménagé, mais amplement suffisant pour nous.

Depuis le tourisme s’est développé et il y a toute une panoplie de camping pour amateur de randonnée ou trekking. Prochaine étape Lahore au Pakistan…

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Birgunj – Agra (Taj Mahal)

31 Mars 2019, 17:37pm

Publié par Cire Cassiar

Deux jours de pause pour réparer une fuite hydraulique avec un minimum d'outillage et un peu de débrouillardise furent amplement suffisants.

Nous avions trouvé un petit terrain de camping pour routards à Birgunj quelques kilomètres avant le poste frontière de Raxaul.

Ce dernier est assez original en ce sens que la route passe sous une sorte d’arche,

La porte du Népal
Raxaul - La porte du Népal

symbolisant la « Porte du Népal ».

La densité routière, la poussière et la densité humaine ne nous ont pas permis d’apprécier pleinement l’architecture des lieux, nous n’avions qu’une hâte, rouler…

Rouler pour échapper à ce sentiment d’oppression que l’on a quand il y a beaucoup de monde qui converge vers un même point, rouler pour découvrir d’autres paysages, rouler pour respirer, pour sentir la brise qui vous lave de toutes les odeurs.

Direction Gorakhpur, petite visite au temple Gorakhnath puis nous reprenons la route pour Lucknow, ville multiculturelle, considérée pendant longtemps comme une des plus belles de l’Inde.

« Cité dorée de l’est » sûrement dû à ses divers monuments dont le « Chota Imambara » un immense mausolée doté d’un dôme doré, il est appelé aussi « le palais des lumières » a cause de ses nombreux chandeliers qui décorent l’intérieur du bâtiment, ceux-ci viennent de Belgique. À l’intérieur, vous avez l’impression d’être dans un autre monde, c’est un lieu hors du temps qui ne laisse personne indifférent. Très visité, c’était un va-et-vient incessant de touristes religieux locaux.

Prochaine étape et non des moindres, une des raisons de notre empressement, Agra et son majestueux « Taj Mahal »

C’est un mausolée construit sous l’empereur moghol Shâh Jahân en mémoire de sa femme Mumtâz Mahal (morte en 1631) dont il était éperdument amoureux.

Il fit appel à de nombreux architectes et ira jusqu’en Perse pour trouver celui qui lui fera, selon lui, la meilleure proposition pour honorer la mémoire de son

Entrée du Taj Mahal
Entrée du Taj Mahal

épouse.

L’empereur avait une bonne idée de ce qu’il voulait, un grand jardin couvert de fleurs et un édifice blanc, comme la couleur du paradis.

Il fallait que la construction soit parfaite, peu importe le temps que cela prendrait, capable de résister aux séismes, le tout prendra vingt deux ans et peu de temps avant sa mort, il fit promettre à sa première fille d’être inhumé aux côtés de son épouse, ce qu’il fut fait, pour l’éternité.

Le site du Taj Mahal se compose de plusieurs bâtiments, situé au bout d’un parc, aux quatre coins duquel se dressent quatre minarets, deux allées entourant le bassin central donnent l’accès et dès votre arrivée vous êtes frappé par la beauté du lieu, si vous vous placez à l’extrémité dudit bassin vous remarquerez son reflet. La partie centrale est coiffée d’un magnifique dôme blanc, l’ensemble est sculpté dans le marbre blanc et incrusté de pierres précieuses.

Le Taj Mahal - Agra
Le Taj Mahal

Un chef-d’œuvre d’architecture Moghol inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Près de trois millions de touristes viennent le visiter chaque année ! Soit le double de la population d’Agra.

Au cours de notre visite, nous avons pu réaliser l’adoration et la dévotion des fidèles pour ces lieux hors du temps.

De nos jours, l’amour que l’empereur portait à son épouse, fait toujours autant rêver…

Agra - Taj Mahal
Taj Mahal

 

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Nous voulions voir le toit du monde - Katmandu - Birganj

18 Mars 2019, 18:41pm

Publié par Cire Cassiar

Katmandu centre ville
Katmandu centre ville

Après quelques jours, malgré le pittoresque de la ville, l’accueil chaleureux, le sourire des Népalais, les diverses rencontres et les découvertes culinaires, le besoin de changer d’air, de voir d’autres horizons, nous démangeait.

Une fois les adieux fait, nous prenions la route pour Raxaul (Inde), la distance qui nous séparait de la frontière pouvait sembler courte, cent quarante kilomètres, avec une route normale c’était faisable en un couple d’heure, mais peu de temps après avoir quitté la ville la route grimpait assez rapidement.

Notre vaillante 2CV n’eut que peu de temps pour se réchauffer qu’elle fut tout de suite sollicitée.

L’altitude de Katmandu est aux environs de mille trois cents mètres d’altitude, le premier col est à deux mille deux cent cinquante mètres, ce qui pourrait paraître acceptable au premier abord, sauf que tout dépend de la pente…

Si au début celle-ci n’était que de deux cent cinquante mètres sur quatorze kilomètres, ce qui donne un et demi a deux pour cent de pente, ensuite elle passait à six cents mètres sur une dizaine de kilomètres, ce qui donne du six a huit pour cent de pente avec tout une série de virages en épingle très serrés.

Mais la deudeuch en avait vu d’autres dans les Alpes et le Massif Central, elle grimpa doucement mais sûrement en deuxième, le paysage était magnifique et il faut reconnaître qu’à dix kilomètres a l’heure de vitesse on a le temps de l’admirer.

deudeuch
La deudeuch et M.A

Passé les dernières épingles c’est là que ça se corsait, même en deuxième elle commençait à peiner, a tel point que je n’eus d’autre choix que de m’arrêter en pleine côte puis passer en première et espérer repartir.

Imaginez un peu, la main droite tire le frein à main, le pied droit écrase le frein, le pied gauche tient l’embrayage enfoncé, la main droite engage la première vitesse alors que la gauche agrippe le volant ; Ce n’est pas le moment de rater son coup, la pente est vraiment raide, la seule échappatoire serait de braquer le volant à droite puis de percuter la paroi rocheuse… ce n’est pas le temps d’y penser… Prêt ?….

Alors, le pied droit lâche le frein et saute sur l’accélérateur, le pied gauche lâche un quart d’embrayage et la main droite lâche le frein à main alors que le pied droit écrase cette fois l’accélérateur pendant que le gauche relâche l’embrayage, tout cela en un quart de seconde ; Ça patine, le moteur grogne grave mais ça avance, c’est bon signe… pied au plancher, la deudeuch grimpe mètre par mètre, nous voilà sortis d’affaire.

Décidément cette voiture ne payait pas de mine, malgré ses dix ans d’âge, c’était un vrai cheval de labour, toutefois j’avais le sentiment qu’elle souffrait le martyr, que toute la mécanique travaillait au maximum de ses possibilités, je commençais à craindre pour sa température, il n’y avait pratiquement plus de refroidissement, en effet seul le ventilo à l’avant diffusait un peu d’air pour refroidir les cylindres fortement sollicités, je me demandais si elle allait tenir le coup, le calvaire ne dura qu’une dizaine de minutes mais quelles minutes…

Enfin, le col était passé, mais si cela monte franc d’un côté, il y a fort à parier que cela descend aussi sec de l’autre côté.

La mécanique pouvait refroidir durant la descente, malgré le frein moteur, mais cette fois c’étaient les freins hydrauliques qui étaient régulièrement sollicités, manque de bol, celui de droite semblait ne plus fonctionner, hors devant une telle descente et sans savoir ce qui allait suivre, j’étais contraint de m’arrêter aussitôt que possible pour vérifier la source du problème.

Profitant d’un faux plat, je stationnais sur l’accotement, ouvris le capot et découvrais que le frein droit fuyait au niveau d’un raccord juste avant la roue.

Nous ne pouvions continuer ainsi aux risques de vider le réservoir d’huile hydraulique et avec les montées et descentes qui nous attendaient.

La 2CV a cela d’extraordinaire que son capot moteur est très facile d’accès, la place entre les différentes composantes est assez grande pour y glisser soit une main soit un outil et tout y est visible sans grands efforts.

Ayant entrepris le démontage dudit raccord, je constatais qu’il était fendu, après quelques minutes de réflexion, j’optais pour une solution tout à fait empirique, celle-ci consistait à boucher l’orifice, tout simplement, avec une vis et une bande de « Téflon », le tout serré à bloc. De cette façon, j’enrayais la fuite et renvoyais toute la pression du freinage sur la roue gauche.

Après quelques essais, ne voyant pas une goutte de liquide suinter, nous reprenions notre descente en utilisant au maximum le frein moteur, ce fut long mais on n’est jamais trop prudent.

Nous suivions une vallée étroite jusque dans les environs de Kulekhani, devant la hauteur des sommets environnants, nous nous doutions bien que nous allions à nouveau grimper sévère.

Le moteur avait eu à peine le temps de refroidir que nous entamions la deuxième côte vers un deuxième col à mille neuf cents mètres, dont les virages et la pente n’avaient rien à envier au précédant, bien au contraire ils étaient pires, un dénivelé de cinq cents mètres sur cinq kilomètres, faites un rapide calcul… Dix pour cent de pente moyenne… Oups !

Nous étions chargés, il faisait relativement chaud et cette fois la première vitesse fut sollicitée sur de plus longues périodes, je priais pour que le moteur ne surchauffe pas mais je ne soupçonnais pas la réserve de capacité d’un deux cylindres à plat « Citroën », il est d’une robustesse incroyable et aucun col ne lui résiste.

La deudeuch grimpait à son rythme, sans broncher, comme un porteur népalais.

Vallée région katmandu - Népal
Vallée région katmandu

Puis ce fut la longue descente vers Birgunj, dernière halte avant la frontière.

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Katmandu

11 Mars 2019, 15:55pm

Publié par Cire Cassiar

Au Népal on porte tout sur son dos selon une technique très particulière, la charge est accrochée à une sangle qui passe par le dessus du front. Légèrement penché en avant, ils sont ainsi capables de porter jusqu’à soixante-dix pour cent de leur propre poids sur des terrains accidentés et sur de longues distances.

Porteur Népalais, Sherpa.
Porteur Népalais

Il faut savoir que dès l’âge de dix ans la plupart des enfants apprennent à porter de cette façon, leur régime alimentaire est tel qu’ils n’ont aucune graisse inutile et ils marchent toujours à la même vitesse, soit environ trois kilomètres à l’heure, ce qui peut paraître lent, mais rappelez-vous le vieux dicton « qui veut voyager loin, ménage sa monture » et ils l’appliquent à la lettre.

Beaucoup de ces porteurs font office de sherpa durant l’été, ce qui peur permet de gagner de quoi faire mieux vivre leur famille, cette activité s’est développée avec l’arrivée des touristes amateurs de trekking et d’alpinisme.

Souvent exploité, comme des animaux, supportant de lourdes charges pour un salaire de misère au risque d’y laisser leur peau.

Depuis, la profession s’est structurée et leurs conditions s’améliorent, mais cela reste un métier dur et difficile.

Malgré tout, c’est une coutume que de porter ses affaires de cette façon.

Porteuse Népalaise
Porteuse Népalaise

Je ne vous conseille pas d’essayer, vous risqueriez de vous blesser ou d’attraper un torticolis.

La rue était une jungle, un trafic tumultueux, désordonné, pas de stop, pas de lumière de circulation et tout cela se croisaient et s’entrecroisaient dans un concert de klaxon et de son de clochette, étant donné que Katmandu était devenu en quelque sorte le pôle d’attraction pour hippies et amateurs de trekking, cela attira toute sorte de gens et qui dit touriste, dit commerce, dit mendicité, dit rapine, etc...

La rue était aussi un lieu de rencontre, d’échange culturel et de jeux pour tout âge, une sorte de cour de récréation pour tous.

La rue au Népal
la rue au Népal

Les animaux faisaient aussi partie du décor, poules, chiens errants, vaches, cochons, chèvres et autres.

La rue au Népal
La rue au Népal

Pas de poubelles, donc la rue devient vite un immense dépotoir, il n’était pas rare de voir une personne jeter ses ordures, cracher ou uriner en pleine rue.

Quelle ne fut pas ma surprise un jour, de voir une mère, accompagnée de deux de ses enfants, s’arrêter, s’accroupir et faire ses besoins à même le caniveau, puis reprendre son chemin tout naturellement.

Mais il y a aussi tous ces petits commerces ou l’on trouve de tout, de vraies cavernes d’Ali Baba, c’est là que j’y ai trouvé un de ces bandeaux de papier que l’on enroule dans les moulins à prière.

Les écritures étaient faites à la main en alphabet Devanagari, au-delà du message spirituel, c’était de toute beauté sur le plan purement calligraphique et je n’ai pu résister à en acheter un, au prix fort, bien entendu.

" आकाशमा कुनै सीमा छैन "

On y rencontrait aussi des barbiers, utilisant l’eau des caniveaux pour rincer leurs ustensiles de même que le visage du rasé...des cireurs de chaussures et des enfants, beaucoup d’enfants qui jouaient ou qui mendiaient, toujours souriants…

Et que dire des odeurs, parfois agréables, parfois épouvantables ou se mêlait l’encens, omniprésent, dû aux six cents temples disséminés un peu partout dans la ville.

L’architecture, d'aspect médiéval, souvent délabrée, donnait un cachet particulier à la ville de Katmandu, les influences viennent principalement des cultures bouddhistes et hindouistes en provenance des Indes, par contre, très peu de la Chine.

Architecture Népalaise
Travaux de refection

La plupart des bâtiments étaient faits de briques et de bois avec beaucoup de sculptures autour des portes, des fenêtres et des poutres qui relient les parties saillantes des toits, les artistes népalais savaient travailler le bois, c’est indéniable et c’est ce qui donnait un côté pittoresque à l’ensemble.

Il faut reconnaître que la ville et sa population étaient très photogéniques.

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Pokhara - Katmandu

4 Mars 2019, 13:39pm

Publié par Cire Cassiar

Quelque deux cents kilomètres entre les deux, cela peut paraître peu mais ne vous y trompez pas, ce sont des kilomètres de montagne sur une route d’un état douteux, chaotique et très fréquentée par les bus surchargés et les camions très colorés.

Le paysage est magnifique, les villages pittoresques, avec une vitesse moyenne de trente kilomètres par heure on pense qu’on a le temps de regarder le paysage, ce serait faisable si la circulation et l’état de la route le permettaient, malgré tout notre vaillante 2 CV s’en tire très bien et nous avons pris le temps de nous arrêter, pour la laisser reprendre son souffle… ;-)

Katmandu : ville bruyante, grouillante de vie ou piétons, cyclistes, rickshaws, motos, voitures, camions et bus se frayent un passage au milieu de cette cohue qui rappelle les villes indiennes.

Katmandu
Rickshaws Katmandu

Une foule très cosmopolite et colorée où se croisent hindouistes, bouddhistes et bien d’autres. La cohabitation se passe sans heurt, il est même fréquent, bien qu’ils aient chacun leurs propres lieux de prière, de voir des bouddhistes et hindouistes prier ensemble.

Comme je le précisais précédemment, il y avait beaucoup de temples, la plupart étaient en bois et avaient des sculptures qui pourraient heurter l’âme sensible des puritains.

Il faut reconnaître que voir des figurines représentant toutes les positions du "Kamasutra" de part et d’autre des portes du temple à de quoi surprendre le chrétien moyen, plutôt habitué à une certaine retenue quand on parle de sexe, surtout sur ou à proximité des églises et cathédrales.

temples hindous - figurines érotiques
figurines temples hindous

Il semble que les hindouistes soient un peu moins hypocrites que nous sur le sujet...;-)

La tradition dit que c’est pour éprouver la foi des pratiquants, par contre elles faisaient l’objet de beaucoup d’attention de la part des Occidentaux qui prenaient moult photos en souvenir de leur passage, pour alimenter leur imagination ou pour approfondir leur culture en la matière… ;-))

Pashupatinath, haut lieu de l’hindouisme népalais, c’est un édifice religieux, situé à quelques minutes de Katmandou, le long de la rivière sacrée Bagmati, chaque année des millions de pèlerins le fréquente. On l’appelle "la Bénarès du Népal", c’est en ces lieux que se pratiquent beaucoup de crémations du matin au soir.

Pashupatinath - Bénares Népalaise
Pashupatinath

Je me souviens de la journée ou nous avions prévu de visiter le site, à notre arrivée il y avait une musique, dont la mélodie très courte était reprise à l’infini par trois musiciens, assis sur les marches du temple. Ils jouaient, sans relâche, sans prêter attention à tous ces pèlerins qui défilaient devant eux. L’aspect lancinant de cette incantation nous avait captivés à tel point que nous sommes restés là, à les regarder, les écouter, sans broncher, combien de temps ?

Nous n’avions plus conscience du temps.

Nous étions comme hypnotisés par ce ballet incessant au rythme de cette musique, je crois que ce qui nous a réveillés, ce fut cette odeur caractéristique, cette odeur difficile à oublier, loin d’être désagréable mais dont l’origine ne laisse pas indifférent… Celle des crémations…

Après l’ambiance hindouiste, l’ambiance Bouddhiste, à l’instar du temple de Bodnath, le stûpa blanc avec les yeux de Bouddha, qui est situé proche du centre-ville de Katmandu, donc très fréquenté par les touristes, il y a Swayambhunath, un des plus anciens et le plus saint des sites bouddhiste de la région, il est situé sur une colline à l’ouest de la ville, on l’appelle aussi le « temple des singes » du fait du grand nombre de ses animaux qui semblent en être les gardiens.

Le temple des singes
les gardiens du temple

 

On y accède par trois cent soixante-cinq marches du côté Est, on passe devant le Vajra doré entouré de deux lions, une grande sculpture de bronze qui symbolise le caractère fort de l’esprit en soi et de l’Éveil.

Arrivé au sommet on commence une série de processions autour du grand stûpa, très important, dans le sens des aiguilles d’une montre.

Sur chacun des quatre côtés a été peinte une paire de grands yeux, ils représentent la Sagesse et la Compassion, au-dessus de chaque paire d’yeux se trouve un troisième œil.

Les pèlerins viennent réciter leurs mantras et faisant tourner les moulins à prière qui se trouvent tout autour du stûpa, la aussi il est très important de les faire tourner dans le sens des aiguilles d’une montre avec la main droite, d’où la déambulation circulaire vers la droite…

Cela libère l’énergie positive, accumulée dans les textes sacrés gravés sur les rouleaux et dans les rouleaux, en une seule rotation cela permet de lire beaucoup de ces mantras. La croyance populaire veut que les rotations éloignent les esprits mauvais et les maladies et accordent la protection et le mérite.

Moulins a prière et Varja
allée circulaire

Le nombre et la taille des moulins a prière autour du temple peut paraître impressionnant mais il y a aussi les drapeaux de prière, Lungta « chevaux du vent » qui pendent et flottent au vent, Selon les disciples du bouddhisme, lorsque souffle le vent, il caresse les formules sacrées et les disperse dans l’atmosphère, elles sont transmises aux dieux ainsi qu’à tous ceux qu’il touche dans son voyage et sont aussi utilisés pour apaiser les esprits des montages.

Il y a cinq éléments essentiels, la terre, l’eau, le feu, l’air et l’espace et chaque couleur représente un des cinq éléments. C’est peut-être la raison pour laquelle on en trouve partout, pas simplement sur les temples mais aussi sur les toits des maisons, lors de balade en montagne, sur les ponts qui enjambe les torrents, c’est une façon de se protéger contre les démons mais c’est aussi utilisé pour promouvoir la paix, force et compassion.

C’est un concept que l’on devrait promouvoir partout dans notre monde…

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Pokhara - Népal

24 Février 2019, 16:55pm

Publié par Cire Cassiar

Point de départ de beaucoup de courses en montagne, Pokhara est aussi un havre de paix pour « Globe-trotter ». Nous avions trouvé refuge dans une arrière-cour, sommairement aménagée comme terrain de camping pour itinérants.

Au pied de l’Annapurna, en fond de vallée côté sud, le climat est subtropical, fort heureusement, pour nous, en décembre les précipitations y étaient faibles, contrairement à l’été ou la région est généralement fortement arrosée, d’où une végétation dense.

Le Pokhara de l’époque n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui, mis à part pour ceux qui venaient grimper sur l’Annapurna, nous étions parmi les premiers vrais touristes et la région était relativement vierge de toute pollution commerciale. Coca-cola ou Pepsi ne se disputaient pas le territoire et le saut en parachute ou le parapente ne faisaient même pas partie des activités envisagées dans un futur proche.

La plupart des visiteurs étaient des routards, comme nous, leurs intérêts pour la région portaient principalement sur la découverte de la culture Hindouiste ou Bouddhiste, la méditation, « Peace and Love » et la consommation de substances hallucinogène,… pour ma part j’ai toujours préféré garder le plein contrôle de mes sens et de mes émotions et ma motivation était tout autre, voir le « Toit du monde » voyager, découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux horizons est ce qui m’a toujours fait avancer, c’est vraisemblablement la raison pour laquelle j’ai souvent changé, par le passé, de lieu de résidence.

roupie népalaise, roi Birendara
La roupie Népalaise

En mille neuf cent soixante-seize, le Népal était un royaume, le seul officiellement hindouiste du monde. Le roi Birendara et son gouvernement se sont employés à éradiquer la culture et la vente de produits stupéfiants, ce qui eu pour effet de diminuer notablement l’afflux de Hippies, amateurs de ce type de produit.

La religion tient une place prépondérante dans la culture Népalaise, ceux-ci sont foncièrement croyants, leur dévotion est indubitable, qu’ils soient Hindouiste ou Bouddhiste, c’est un fait remarquable qui touche toutes les couches de la société.

Il y avait des temples ou édifices religieux un peu partout, parmi les plus beaux se trouvait la Pagode de la paix, construite dans les années soixante-dix par des moines bouddhistes pour promouvoir la paix dans le monde, il paraîtrait qu’il y en a plusieurs dizaines éparpillées sur le globe, c’était une initiative bourrée de bonnes intentions, mais je ne suis pas convaincu que cela ait eu une quelconque influence, c’est plutôt considéré, par la plupart, comme du folklore, en effet quand on voit le nombre de conflits qu’il y a eu depuis et qui perdurent encore, on peut se demander si les visiteurs ont retenu la leçon.

Pour la visiter, nous avons dû faire une sacrée grimpette en montagne, mais les efforts furent largement récompensés par la beauté du site, une vue superbe sur le lac Phewa, qui borde la ville de Pokhara et un panorama sur les sommets himalayens, partiellement cachés par les nuages.

Au hasard de nos rencontres, on nous avait conseillé d’aller sur les bords du lac, louer une pirogue pour la journée, ce fut une expérience hors du commun que de naviguer aux pieds du « Toit du monde » dans une embarcation taillée dans un tronc d’arbre ;

Lac Phewa - Pokhara
Pirogue Lac Phewa

Il faisait un temps superbe, chaud et aucun souffle d’air, nous avons adoré et été surpris par l’étonnante stabilité de notre esquif qui, loin d’être fragile, était solide comme le roc.

Bien évidemment à cette époque nous n’avions aucuns gilets de sauvetage, aucun équipement de survie et pour couronner le tout, il n’y avait aucune surveillance… nous étions parmi les premiers touristes amateurs de ce genre d’activité. Depuis le lac est couvert de barques colorées disponibles pour la location, autre temps, autres mœurs.

Les Népalais étaient toujours souriants, aimables et très curieux, ils posaient beaucoup de questions, ils voulaient tous connaître de nous, de notre famille, de nos amis, de nos habitudes, de nos origines et pourquoi étions-nous venus jusque chez eux.

Si vous êtes respectueux, vous serez respectés, mais on nous avait prévenus d’éviter de les prendre en photo sans leur autorisation, cela pourrait être mal perçu et nous devions aussi rester chastes en public, les relations homme femme étant très codées.

temple Pokhara

Pokhara fut pour nous une oasis de calme et de détente par rapport au reste du voyage et il semble que, de nos jours, son atmosphère de paix soit toujours aussi prisée, souhaitons que ce bout de pays reste préservé de toute agression et loin de toute violence.

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Nous voulions voir le toit du monde - Lucknow – Faizabad – frontière Népalaise

11 Février 2019, 17:54pm

Publié par Cire Cassiar

Même si l’accueil est chaleureux, même si cela fait du bien de poser ses valises après un si long chemin,

Faizabad - temple moghol
Temple moghol

même si la région regorge d’attraits touristiques, même si l’on s’y sent bien, au bout de quelques jours, les pieds vous démangent, le désir d’aller voir plus loin, de découvrir d’autres contrées, de voir d’autres paysages, de rencontrer d’autres mondes, d’autres cultures, tout cela devient de plus en plus fort au point que nous ne pouvons tenir en place et c’est à nouveau le grand départ, on remballe tout soigneusement, on vérifie le véhicule, on essaye de penser à tout, nourriture, carburant, commodités… etc... c’est ça les gens du voyage…

Direction Faizabad, cent vingt-cinq kilomètres, ville traversée par la rivière Ghâghara, appelée aussi Ghâghra ou Karnali, son nom signifierait « Sainte eau de la montagne sacrée ».

Cela vient certainement du fait qu’elle prend sa source dans l’Himalaya au Tibet, traverse le Népal et se jette dans le Gange dans la région de Patna.

Bien que la rivière Ghâghara ne soit pas considérée comme sacrée elle n’en est pas moins importante et ses abords sont très fréquentés le matin.

Il est fréquent, en Inde et au Népal, de voir ces escaliers qui descendent en s’élargissant jusque dans les eaux troubles des rivières sacrées, les pratiquants hindous viennent y faire leurs ablutions matinales, selon la pensée Hindouiste, l’eau joue un rôle purificateur et sert à laver le corps de toutes les mauvaises humeurs, le gargarisme est très courant même si l’eau est loin d’être saine, il semble que l’aspect spirituel de cette pratique dépasse la raison…

Nautanwa Visas Inde - Nepal
Visas Inde-Nepal

 

Direction Gorakhpur pour les formalités d’entrée au Népal et ensuite Nautanwa, dernier arrêt avant la frontière Népalaise.

 

Si au début du trajet nous n’apercevions qu’au travers de la brume les crêtes de l’Himalaya, au fur et à mesure que nous approchions, nous étions impatients de les voir mais nous n’avions aucune idée de ce qui nous attendait.

Vu de notre campement dans la région de Butwal, cela ressemblait vaguement aux Alpes…

Butwal - Himalaya
l'Himalaya vu de Butwal

 

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