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Epistolier - Résumés de livres - Nouvelles

Nous voulions voir le toit du monde - Katmandu - Birganj

18 Mars 2019, 18:41pm

Publié par Cire Cassiar

Katmandu centre ville
Katmandu centre ville

Après quelques jours, malgré le pittoresque de la ville, l’accueil chaleureux, le sourire des Népalais, les diverses rencontres et les découvertes culinaires, le besoin de changer d’air, de voir d’autres horizons, nous démangeait.

Une fois les adieux fait, nous prenions la route pour Raxaul (Inde), la distance qui nous séparait de la frontière pouvait sembler courte, cent quarante kilomètres, avec une route normale c’était faisable en un couple d’heure, mais peu de temps après avoir quitté la ville la route grimpait assez rapidement.

Notre vaillante 2CV n’eut que peu de temps pour se réchauffer qu’elle fut tout de suite sollicitée.

L’altitude de Katmandu est aux environs de mille trois cents mètres d’altitude, le premier col est à deux mille deux cent cinquante mètres, ce qui pourrait paraître acceptable au premier abord, sauf que tout dépend de la pente…

Si au début celle-ci n’était que de deux cent cinquante mètres sur quatorze kilomètres, ce qui donne un et demi a deux pour cent de pente, ensuite elle passait à six cents mètres sur une dizaine de kilomètres, ce qui donne du six a huit pour cent de pente avec tout une série de virages en épingle très serrés.

Mais la deudeuch en avait vu d’autres dans les Alpes et le Massif Central, elle grimpa doucement mais sûrement en deuxième, le paysage était magnifique et il faut reconnaître qu’à dix kilomètres a l’heure de vitesse on a le temps de l’admirer.

deudeuch
La deudeuch et M.A

Passé les dernières épingles c’est là que ça se corsait, même en deuxième elle commençait à peiner, a tel point que je n’eus d’autre choix que de m’arrêter en pleine côte puis passer en première et espérer repartir.

Imaginez un peu, la main droite tire le frein à main, le pied droit écrase le frein, le pied gauche tient l’embrayage enfoncé, la main droite engage la première vitesse alors que la gauche agrippe le volant ; Ce n’est pas le moment de rater son coup, la pente est vraiment raide, la seule échappatoire serait de braquer le volant à droite puis de percuter la paroi rocheuse… ce n’est pas le temps d’y penser… Prêt ?….

Alors, le pied droit lâche le frein et saute sur l’accélérateur, le pied gauche lâche un quart d’embrayage et la main droite lâche le frein à main alors que le pied droit écrase cette fois l’accélérateur pendant que le gauche relâche l’embrayage, tout cela en un quart de seconde ; Ça patine, le moteur grogne grave mais ça avance, c’est bon signe… pied au plancher, la deudeuch grimpe mètre par mètre, nous voilà sortis d’affaire.

Décidément cette voiture ne payait pas de mine, malgré ses dix ans d’âge, c’était un vrai cheval de labour, toutefois j’avais le sentiment qu’elle souffrait le martyr, que toute la mécanique travaillait au maximum de ses possibilités, je commençais à craindre pour sa température, il n’y avait pratiquement plus de refroidissement, en effet seul le ventilo à l’avant diffusait un peu d’air pour refroidir les cylindres fortement sollicités, je me demandais si elle allait tenir le coup, le calvaire ne dura qu’une dizaine de minutes mais quelles minutes…

Enfin, le col était passé, mais si cela monte franc d’un côté, il y a fort à parier que cela descend aussi sec de l’autre côté.

La mécanique pouvait refroidir durant la descente, malgré le frein moteur, mais cette fois c’étaient les freins hydrauliques qui étaient régulièrement sollicités, manque de bol, celui de droite semblait ne plus fonctionner, hors devant une telle descente et sans savoir ce qui allait suivre, j’étais contraint de m’arrêter aussitôt que possible pour vérifier la source du problème.

Profitant d’un faux plat, je stationnais sur l’accotement, ouvris le capot et découvrais que le frein droit fuyait au niveau d’un raccord juste avant la roue.

Nous ne pouvions continuer ainsi aux risques de vider le réservoir d’huile hydraulique et avec les montées et descentes qui nous attendaient.

La 2CV a cela d’extraordinaire que son capot moteur est très facile d’accès, la place entre les différentes composantes est assez grande pour y glisser soit une main soit un outil et tout y est visible sans grands efforts.

Ayant entrepris le démontage dudit raccord, je constatais qu’il était fendu, après quelques minutes de réflexion, j’optais pour une solution tout à fait empirique, celle-ci consistait à boucher l’orifice, tout simplement, avec une vis et une bande de « Téflon », le tout serré à bloc. De cette façon, j’enrayais la fuite et renvoyais toute la pression du freinage sur la roue gauche.

Après quelques essais, ne voyant pas une goutte de liquide suinter, nous reprenions notre descente en utilisant au maximum le frein moteur, ce fut long mais on n’est jamais trop prudent.

Nous suivions une vallée étroite jusque dans les environs de Kulekhani, devant la hauteur des sommets environnants, nous nous doutions bien que nous allions à nouveau grimper sévère.

Le moteur avait eu à peine le temps de refroidir que nous entamions la deuxième côte vers un deuxième col à mille neuf cents mètres, dont les virages et la pente n’avaient rien à envier au précédant, bien au contraire ils étaient pires, un dénivelé de cinq cents mètres sur cinq kilomètres, faites un rapide calcul… Dix pour cent de pente moyenne… Oups !

Nous étions chargés, il faisait relativement chaud et cette fois la première vitesse fut sollicitée sur de plus longues périodes, je priais pour que le moteur ne surchauffe pas mais je ne soupçonnais pas la réserve de capacité d’un deux cylindres à plat « Citroën », il est d’une robustesse incroyable et aucun col ne lui résiste.

La deudeuch grimpait à son rythme, sans broncher, comme un porteur népalais.

Vallée région katmandu - Népal
Vallée région katmandu

Puis ce fut la longue descente vers Birgunj, dernière halte avant la frontière.

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Katmandu

11 Mars 2019, 15:55pm

Publié par Cire Cassiar

Au Népal on porte tout sur son dos selon une technique très particulière, la charge est accrochée à une sangle qui passe par le dessus du front. Légèrement penché en avant, ils sont ainsi capables de porter jusqu’à soixante-dix pour cent de leur propre poids sur des terrains accidentés et sur de longues distances.

Porteur Népalais, Sherpa.
Porteur Népalais

Il faut savoir que dès l’âge de dix ans la plupart des enfants apprennent à porter de cette façon, leur régime alimentaire est tel qu’ils n’ont aucune graisse inutile et ils marchent toujours à la même vitesse, soit environ trois kilomètres à l’heure, ce qui peut paraître lent, mais rappelez-vous le vieux dicton « qui veut voyager loin, ménage sa monture » et ils l’appliquent à la lettre.

Beaucoup de ces porteurs font office de sherpa durant l’été, ce qui peur permet de gagner de quoi faire mieux vivre leur famille, cette activité s’est développée avec l’arrivée des touristes amateurs de trekking et d’alpinisme.

Souvent exploité, comme des animaux, supportant de lourdes charges pour un salaire de misère au risque d’y laisser leur peau.

Depuis, la profession s’est structurée et leurs conditions s’améliorent, mais cela reste un métier dur et difficile.

Malgré tout, c’est une coutume que de porter ses affaires de cette façon.

Porteuse Népalaise
Porteuse Népalaise

Je ne vous conseille pas d’essayer, vous risqueriez de vous blesser ou d’attraper un torticolis.

La rue était une jungle, un trafic tumultueux, désordonné, pas de stop, pas de lumière de circulation et tout cela se croisaient et s’entrecroisaient dans un concert de klaxon et de son de clochette, étant donné que Katmandu était devenu en quelque sorte le pôle d’attraction pour hippies et amateurs de trekking, cela attira toute sorte de gens et qui dit touriste, dit commerce, dit mendicité, dit rapine, etc...

La rue était aussi un lieu de rencontre, d’échange culturel et de jeux pour tout âge, une sorte de cour de récréation pour tous.

La rue au Népal
la rue au Népal

Les animaux faisaient aussi partie du décor, poules, chiens errants, vaches, cochons, chèvres et autres.

La rue au Népal
La rue au Népal

Pas de poubelles, donc la rue devient vite un immense dépotoir, il n’était pas rare de voir une personne jeter ses ordures, cracher ou uriner en pleine rue.

Quelle ne fut pas ma surprise un jour, de voir une mère, accompagnée de deux de ses enfants, s’arrêter, s’accroupir et faire ses besoins à même le caniveau, puis reprendre son chemin tout naturellement.

Mais il y a aussi tous ces petits commerces ou l’on trouve de tout, de vraies cavernes d’Ali Baba, c’est là que j’y ai trouvé un de ces bandeaux de papier que l’on enroule dans les moulins à prière.

Les écritures étaient faites à la main en alphabet Devanagari, au-delà du message spirituel, c’était de toute beauté sur le plan purement calligraphique et je n’ai pu résister à en acheter un, au prix fort, bien entendu.

" आकाशमा कुनै सीमा छैन "

On y rencontrait aussi des barbiers, utilisant l’eau des caniveaux pour rincer leurs ustensiles de même que le visage du rasé...des cireurs de chaussures et des enfants, beaucoup d’enfants qui jouaient ou qui mendiaient, toujours souriants…

Et que dire des odeurs, parfois agréables, parfois épouvantables ou se mêlait l’encens, omniprésent, dû aux six cents temples disséminés un peu partout dans la ville.

L’architecture, d'aspect médiéval, souvent délabrée, donnait un cachet particulier à la ville de Katmandu, les influences viennent principalement des cultures bouddhistes et hindouistes en provenance des Indes, par contre, très peu de la Chine.

Architecture Népalaise
Travaux de refection

La plupart des bâtiments étaient faits de briques et de bois avec beaucoup de sculptures autour des portes, des fenêtres et des poutres qui relient les parties saillantes des toits, les artistes népalais savaient travailler le bois, c’est indéniable et c’est ce qui donnait un côté pittoresque à l’ensemble.

Il faut reconnaître que la ville et sa population étaient très photogéniques.

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Pokhara - Katmandu

4 Mars 2019, 13:39pm

Publié par Cire Cassiar

Quelque deux cents kilomètres entre les deux, cela peut paraître peu mais ne vous y trompez pas, ce sont des kilomètres de montagne sur une route d’un état douteux, chaotique et très fréquentée par les bus surchargés et les camions très colorés.

Le paysage est magnifique, les villages pittoresques, avec une vitesse moyenne de trente kilomètres par heure on pense qu’on a le temps de regarder le paysage, ce serait faisable si la circulation et l’état de la route le permettaient, malgré tout notre vaillante 2 CV s’en tire très bien et nous avons pris le temps de nous arrêter, pour la laisser reprendre son souffle… ;-)

Katmandu : ville bruyante, grouillante de vie ou piétons, cyclistes, rickshaws, motos, voitures, camions et bus se frayent un passage au milieu de cette cohue qui rappelle les villes indiennes.

Katmandu
Rickshaws Katmandu

Une foule très cosmopolite et colorée où se croisent hindouistes, bouddhistes et bien d’autres. La cohabitation se passe sans heurt, il est même fréquent, bien qu’ils aient chacun leurs propres lieux de prière, de voir des bouddhistes et hindouistes prier ensemble.

Comme je le précisais précédemment, il y avait beaucoup de temples, la plupart étaient en bois et avaient des sculptures qui pourraient heurter l’âme sensible des puritains.

Il faut reconnaître que voir des figurines représentant toutes les positions du "Kamasutra" de part et d’autre des portes du temple à de quoi surprendre le chrétien moyen, plutôt habitué à une certaine retenue quand on parle de sexe, surtout sur ou à proximité des églises et cathédrales.

temples hindous - figurines érotiques
figurines temples hindous

Il semble que les hindouistes soient un peu moins hypocrites que nous sur le sujet...;-)

La tradition dit que c’est pour éprouver la foi des pratiquants, par contre elles faisaient l’objet de beaucoup d’attention de la part des Occidentaux qui prenaient moult photos en souvenir de leur passage, pour alimenter leur imagination ou pour approfondir leur culture en la matière… ;-))

Pashupatinath, haut lieu de l’hindouisme népalais, c’est un édifice religieux, situé à quelques minutes de Katmandou, le long de la rivière sacrée Bagmati, chaque année des millions de pèlerins le fréquente. On l’appelle "la Bénarès du Népal", c’est en ces lieux que se pratiquent beaucoup de crémations du matin au soir.

Pashupatinath - Bénares Népalaise
Pashupatinath

Je me souviens de la journée ou nous avions prévu de visiter le site, à notre arrivée il y avait une musique, dont la mélodie très courte était reprise à l’infini par trois musiciens, assis sur les marches du temple. Ils jouaient, sans relâche, sans prêter attention à tous ces pèlerins qui défilaient devant eux. L’aspect lancinant de cette incantation nous avait captivés à tel point que nous sommes restés là, à les regarder, les écouter, sans broncher, combien de temps ?

Nous n’avions plus conscience du temps.

Nous étions comme hypnotisés par ce ballet incessant au rythme de cette musique, je crois que ce qui nous a réveillés, ce fut cette odeur caractéristique, cette odeur difficile à oublier, loin d’être désagréable mais dont l’origine ne laisse pas indifférent… Celle des crémations…

Après l’ambiance hindouiste, l’ambiance Bouddhiste, à l’instar du temple de Bodnath, le stûpa blanc avec les yeux de Bouddha, qui est situé proche du centre-ville de Katmandu, donc très fréquenté par les touristes, il y a Swayambhunath, un des plus anciens et le plus saint des sites bouddhiste de la région, il est situé sur une colline à l’ouest de la ville, on l’appelle aussi le « temple des singes » du fait du grand nombre de ses animaux qui semblent en être les gardiens.

Le temple des singes
les gardiens du temple

 

On y accède par trois cent soixante-cinq marches du côté Est, on passe devant le Vajra doré entouré de deux lions, une grande sculpture de bronze qui symbolise le caractère fort de l’esprit en soi et de l’Éveil.

Arrivé au sommet on commence une série de processions autour du grand stûpa, très important, dans le sens des aiguilles d’une montre.

Sur chacun des quatre côtés a été peinte une paire de grands yeux, ils représentent la Sagesse et la Compassion, au-dessus de chaque paire d’yeux se trouve un troisième œil.

Les pèlerins viennent réciter leurs mantras et faisant tourner les moulins à prière qui se trouvent tout autour du stûpa, la aussi il est très important de les faire tourner dans le sens des aiguilles d’une montre avec la main droite, d’où la déambulation circulaire vers la droite…

Cela libère l’énergie positive, accumulée dans les textes sacrés gravés sur les rouleaux et dans les rouleaux, en une seule rotation cela permet de lire beaucoup de ces mantras. La croyance populaire veut que les rotations éloignent les esprits mauvais et les maladies et accordent la protection et le mérite.

Moulins a prière et Varja
allée circulaire

Le nombre et la taille des moulins a prière autour du temple peut paraître impressionnant mais il y a aussi les drapeaux de prière, Lungta « chevaux du vent » qui pendent et flottent au vent, Selon les disciples du bouddhisme, lorsque souffle le vent, il caresse les formules sacrées et les disperse dans l’atmosphère, elles sont transmises aux dieux ainsi qu’à tous ceux qu’il touche dans son voyage et sont aussi utilisés pour apaiser les esprits des montages.

Il y a cinq éléments essentiels, la terre, l’eau, le feu, l’air et l’espace et chaque couleur représente un des cinq éléments. C’est peut-être la raison pour laquelle on en trouve partout, pas simplement sur les temples mais aussi sur les toits des maisons, lors de balade en montagne, sur les ponts qui enjambe les torrents, c’est une façon de se protéger contre les démons mais c’est aussi utilisé pour promouvoir la paix, force et compassion.

C’est un concept que l’on devrait promouvoir partout dans notre monde…

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