Les princes du ciel
29 mars 2026/image%2F1023483%2F20260330%2Fob_d733d8_les-princes-du-ciel-iturbe.jpg)
Si l'Aéropostale nous a légué des noms gravés dans le ciel, Mermoz, Saint-Exupéry, Guillaumet, Iturbe nous les rend vivants. Trois biographies romancées, menées en parallèle, trois destins qui se croisent sans jamais vraiment se confondre.
Tout commence dans la jeune vingtaine, quand chacun découvre à sa façon les dures réalités du monde. En ce temps-là, pour apprendre à piloter, il fallait passer par la voie militaire et tout son cortège de brimades, de soumissions et d'abnégation de soi. Une école rude, qui forge autant qu'elle blesse.
Mais leurs caractères respectifs leur tracent des chemins bien différents, jusqu'au jour où l'Aéropostale ouvre ses routes, cette compagnie mythique qui défricha le ciel grâce à des hommes qui n'avaient pas froid aux yeux et qui tenaient à cœur de réussir chaque mission confiée, quelles qu'en soient les conditions.
Mermoz, c'est la force brute, une forte tête, un risque-tout incapable de tenir en place, bon vivant qui goûte à tous les plaisirs de la terre sans jamais perdre son âme sentimentale.
Saint-Exupéry, c'est le rêveur, le poète, l'amoureux absolu, prêt à tout lâcher pour une femme. Fort heureusement, c'est elle qui l'a lâché, ce qui a permis au monde de découvrir son pilote-écrivain.
Quant à Guillaumet, c'est le bon camarade, celui à la trajectoire inflexible, toujours présent quand on a besoin de lui, bon mari, pilote hors pair. L'homme sur qui l'on peut compter.
Cette trilogie, en une, est une merveille d'écriture, un délice pour les amateurs d'aviation et de ces figures de légende. Iturbe les a aimés, cela se sent à chaque page. On les imagine dans leur élément, on revit leur épopée, leurs découvertes, on aimerait avoir été là. Et l'on finit par aimer ces trois caractères si différents, qui partageaient pourtant la même folie douce.
Voler, quoi qu’il advienne…
Antonio Gonzales Iturbe – 2024 – 796 pages – Ed Flammarion.