La vallée sans hommes
02 août 2026/image%2F1023483%2F20260802%2Fob_d3cf95_la-vallee-sans-hommes-frison-roche.jpg)
Il existe des rivières que l'on ne devrait jamais remonter. La Nahanni est de celles-là.
Suite des Terres de l'infini, La Vallée sans hommes nous entraîne dans le Grand Nord canadien, sur les traces de Max. Le personnage principal part en expédition avec deux autochtones sur la Nahanni, une rivière tumultueuse, une rivière dont on ne revient jamais.
Pourquoi se lancer dans une telle équipée ? Parce que Max est seul. Son âme est sombre, et il cherche un lieu à la mesure de son silence intérieur. Quoi de mieux, alors, qu'une terre sauvage, violente, coupée de toute civilisation, un lieu où même les chasseurs ne s'aventurent plus ?
Ces contrées lointaines traînent une réputation funeste. Beaucoup s'y sont risqués, aucun n'en est revenu pour raconter. Les autochtones de la région le savent, et le mettent en garde contre toutes sortes de malédictions. Mais Max est têtu, sûr de lui. Il pense n'avoir rien à perdre. Il veut être libre.
Peut-on l'être, quand les hivers durent, rudes, presque invivables pour qui n'y est pas né ? Le thermomètre peut descendre à -60 °C. Les tempêtes de neige et le blizzard s'installent parfois pour plusieurs semaines, et les secours, là-bas, n'existent presque jamais. Peut-on être libre quand il faut, chaque jour, disputer sa survie aux loups et aux gloutons, dans une nature qui ne pardonne rien ? Il faut être fort, dans le corps et dans l'esprit, pour tenir dans un tel silence.
Max ne restera pourtant pas seul. Bruno, son neveu devenu pilote de brousse, sera piégé par le mauvais temps, son hydravion cloué au sol. Contraint et forcé, il devra passer l'hiver aux côtés de son oncle. Les réserves, prévues pour un homme seul, suffiront-elles à deux ? Survivront-ils à ce qui les attend ?
Un roman magnifique, porté par une tension de chaque instant, qui raconte la vie rude des trappeurs du Grand Nord, et qui pose, en filigrane, une question bien plus large que le roman lui-même : peut-on choisir la solitude sans, un jour, en payer le prix ?
Frison Roche – 1973 – Ed Flammarion- 402 pages