L’histoire se déroule dans un petit village isolé de Colombie, adoptant la forme d’un journalisme d’enquête. Le récit se distingue par sa narration non linéaire, où les retours dans le temps permettent au lecteur de démêler progressivement le déroulement des événements.

On sait dès le début que Santiago Nasar va être assassiné et par qui. Tout le monde le savait mais pas lui, c’est ce qui rend le récit intrigant.

En fait, le narrateur revient sur les lieux du drame afin d’interroger les témoins pour établir la chronologie de cette mort annoncée. Il recueille des témoignages truffés de contradictions et de zones d’ombre, mais tous s’accordent pour dire qu’ils savaient que Santiago allait être tué.

Malgré de nombreuses occasions de prévenir Santiago, une succession de contretemps et une forme de fatalisme, couplés à l’indifférence collective, font que personne n’intervient pour empêcher le crime, qui aurait pourtant pu être évité. Ce constat met en lumière la passivité de la communauté face à l’inévitable.

Gabriel Garcia Marquez propose une narration portée par un langage imagé et des descriptions si précises qu’elles invitent à voir, à sentir et presque à toucher les scènes évoquées.

Le ton imperturbable, même devant l’inconcevable, accentue la bizarrerie de l’univers dépeint. Le regard de l’auteur se révèle à la fois ironique et mélancolique, mêlant sans cesse la banalité du quotidien à des événements hors norme, décrits sur le même registre simple et factuel, sans jamais exprimer d’opinion.

Le texte soulève de nombreuses interrogations :

Pourquoi ce crime n’a-t-il pas été empêché ? Pourquoi la communauté n’a-t-elle pas réagi ?

Dans ce village isolé ou l’honneur, le mariage et la réputation dominent les préoccupations, le poids des conventions sociales devient écrasant et influence les comportements individuels et collectifs.

 

Gabriel Garcia Marquez- Ed Grasset – 1981 – 116 pages

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